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MA RENCONTRE AVEC LE CHAMANISME
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MA RENCONTRE AVEC LE CHAMANISME

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Quand on évoque le chamanisme, on pense souvent en premier lieu à un trip complètement psychédélique sous ayahuasca en pleine forêt amazonienne. Depuis quelques années, c'est même devenu un truc cool dans des grandes villes comme NYC, Los Angeles ou Berlin et des rencontres s'organisent sous le manteau. J'ai entendu un jour un mec me dire "c'est 3 ans de thérapie en une nuit". Rien que ça ! Mais de quoi parle t-on vraiment, à l'heure où nous perdons dans notre culture occidentale peu à peu nos liens à la nature ?

Ma curiosité quant aux mystères des états modifiés de conscience (ou transe) s'est éveillée en premier lieu lors d'un passage en 2013 à Salvador de Bahia. J'avais lu le livre "LE CANDOMBLÉ DE BAHIA - Miroir baroque des mélancolies postcoloniales" d'Emmanuelle Kadya Tall et j'avais très envie d'assister à une cérémonie de Candomblé. Cette religion afro-brésilienne, mélange de catholicisme, de rites indigènes et de croyances africaines consiste en un culte des dieux Orixás. Les esclaves Noirs d'Afrique déportés au Brésil à l'époque n'avaient pas le droit de pratiquer leur culte d'origine, fondé sur la croyance en l'existence d'une âme propre à la nature et prohibé par l'Église catholique. Et donc pour pratiquer sans se faire choper, ils priaient secrètement derrière les traits de chaque saint catholique, un dieu Orixás . De ce mix de culture et de croyances est né le Candomblé et ses cérémonies rituelles sont impressionnantes. Par chance, en sympathisant avec le gars de la réception de l'hôtel dans lequel je dormais, il m'avait emmenée un soir dans un petit terreiro (le lieu de culte du Candomblé) d'un quartier de Salvador. Pendant plusieurs heures (4-5 heures), la communauté habillée tout en blanc, chantait et dansait sans relâche au rythme des tambours pour appeler les esprits des différents Orixás. Au fur et à mesure de la cérémonie, certains participants passaient en état de transe et se transformaient littéralement devant mes yeux ; tétanie, hurlements avec une voix caverneuse, le corps pouvait également être secoué de spasmes. On dit alors que la personne "incorpore" son Dieu et qu'elle devient un intermédiaire entre les Dieux et les Hommes. WOW

Puis quelques années plus tard, changement total de décor : j'assiste dans une petite maison du 13ème à une rencontre avec deux chamans mongols qui reçoivent quelques personnes ce jour là pour une entrevue de "guidance" ; tu poses une question à l'un d'eux et lui, en connexion avec les esprits, te délivre des conseils, une vision. Je m'interrogeais alors ; avec quoi au juste sont-ils en connexion? Qu'est-ce qui les plongent dans cet état de connexion?

Et puis un jour je tombe sur le travail de Michael Harner, anthropologue émérite qui a étudié et été initié tout au long de sa vie aux états de transe et au chamanisme auprès des peuples autochtones du monde entier. Je comprends que le chamanisme est une pratique qui a pris sa source dans les sociétés traditionnelles de Sibérie et s'est développé, entre autre, dans les pays baltes, en Extrême-Orient et en Amérique du Nord et latine. La pratique permet aux humains, via le chamane et les différentes techniques qu'il emploie comme le battement d'un tambour, d'entrer en connexion avec les esprits de la nature (ou des divinités suivant la culture), dans un but notamment de guérison, d'accompagnement ou divinatoire. Contrairement aux idées reçues, le voyage chamanique ne se fait pas nécessairement en prenant des substances psychédéliques comme l'ayahuasca ; le battement régulier et répétitif du tambour chamanique au rythme moyen d'environ 205 à 220 battements par minute permettrait de modifier notre état de conscience et d'ouvrir les volets de la perception comme dirait l'autre. Plongé dans un état de transe, le pratiquant voyage alors de la réalité ordinaire (notre monde physique tel qu'on le connaît) à la réalité non ordinaire qui comprend plusieurs niveaux : le Monde d'en bas, le Monde du milieu et le Monde d'en haut. Un peu comme dans Stranger Things mais en vachement plus sympa. De ce voyage, les pratiquants rapportent prendre conscience (liste non exhaustive!) des potentiels illimités de la Nature et de ses ressources infinies de conscience, de lumière, d'amour et de paix dont nous disposons également en nous-mêmes. Joli programme yogique ! Le "voyage" chamanique permet également au pratiquant d'aller à la rencontre de son animal allié, un genre de super pote imaginaire protecteur pour la vie. Plutôt cool, non ?

Michael Harner a pu observer que si les coutumes, rituels et folklores sont propres à chaque culture, il existe toutefois un "noyau dur" de concepts et de techniques commun à toutes les traditions chamaniques. Il est le fondateur en Californie de la Foundation for Shamanic Studies (FSS), une organisation éducative internationale à but non lucratif fondée dans le but d'étudier, de préserver le chamanisme traditionnel et de pratiquer le "Core Shamanism", qui incorpore les techniques de différentes traditions chamaniques afin de les rendre accessibles aux Occidentaux.

À l'heure du débat omniprésent sur l'appropriation culturelle, j'aime cette idée d'étudier et d'explorer un dénominateur commun à toute une palette de pratiques culturelles, pour ne pas en dénaturer le sens et l'histoire en s'appropriant bêtement le truc. En gros, l'engagement de Mr. Harner est (ou plutôt était ; l’anthropologue est décédé en février dernier à l'âge de 88 ans) de réintroduire le chamanisme en Occident et d'inciter l'Homme a avoir davantage confiance en sa propre autorité et autonomie spirituelle. Pour lui, les sciences et les "grandes" religions ont privé l'Homme de cette capacité que l'on aurait tous à accéder à quelque chose de plus grand en le contraignant à adhérer aux institutions scientifiques et religieuses, et donc à un intermédiaire imposé entre l'humain et "Dieu" / "Le Cosmos" / "La Conscience" - chacun y mettra le mot qu'il veut. Pour vous faire une idée du travail de Michael, je vous conseille ce documentaire que j'aime beaucoup : "The Way of the Shaman" , qu'il a réalisé avec sa femme Sandra Harner.

Cela fait un petit moment que j'avais envie de proposer un atelier d'introduction au chamanisme au studio, mais je ne trouvais pas la formule qui me convenait. Et bingo, c'est là que Marion Thelliez intervient ! Marion, avec qui j'avais organisé il y a 2 ans au studio un workshop Yoga x Raw Food (accompagnée de son acolyte Laura Vendescoeur) est naturopathe et a été initiée puis formée au chamanisme auprès de la branche française de la FSS (auprès de qui je suivrais d'ailleurs un séminaire fin novembre, affaire à suivre !). Nous l'accueillerons au studio le vendredi 12 octobre de 19h30 à 21h30 et le samedi 10 novembre de 17h30 à 19h30 pour deux voyages chamaniques au tambour (inscriptions ici). J'étais curieuse de savoir comment elle était venue à tout ça et comment elle intègre cette pratique, sa philosophie et ses rituels dans son quotidien parisien.

Peux-tu te présenter en quelques mots Marion ?

Je suis naturopathe, j’ai 31 ans. Pour l'instant, j'habite encore à Paris. Mais j’y suis de moins en moins. Je pars très souvent dans la nature. Une de mes activités favorites, c’est de marcher dans les rivières, surtout celles du Sud, avec de gros rochers. Marcher dans l’eau fraîche, sentir mes pieds s’adapter aux aspérités de la pierre, observer la mousse sur la rive et les racines des arbres plonger dans l’eau... ça me ramène à l’enfance, au sacré, à quelque chose d’animal aussi. Comme si ça me reconnectait à mes racines, à quelque chose de l'ordre des prémices de l'humanité, et aussi à l'enfance, à la joie simple d'être en vie.

Depuis quelques années, je m'initie au chamanisme. Cette voie me connecte chaque jour un peu plus à la nature, au ressenti, à la présence.

Te définis-tu comme une personne de nature plutôt cartésienne ou sceptique ?

Je suis plutôt introvertie, dans le sens où j’ai besoin de beaucoup de temps avec moi même. Ça me régénère. Je suis connectée au spirituel, au sacré dans le vivant. Et je suis une vraie terrienne, ancrée ici, sur cette Terre.

Comment es-tu arrivée au chamanisme et comment y as-tu été initiée ?

J’ai eu plusieurs évidences dans ma vie. La première a été la naturopathie : j’ai su à 23 ans que c’était ma voie, alors que je n’en avais entendu parler qu’une fois. A l’époque, en 2008, ce n’était pas une pratique connue comme maintenant. Un message m’est venu, comme une voix intérieure. J’ai lu la fiche Wikipédia, j’ai compris ce que c’était, et je me suis lancée immédiatement ! C'était clair comme de l'eau de roche : c'était ce que je devais faire. Du moins dans un premier temps.

À ce moment de ma vie, je n’avais pas encore rencontré le monde de l’énergétique, et je ne connaissais pas grand chose au chamanisme. Depuis l’enfance, je passais beaucoup de temps seule dans la nature, au contact des plantes, des animaux. J’avais déjà une grande attirance pour la culture amérindienne, ça m’appelait. Et mon plus grand rêve était d’avoir un double animal avec lequel je partagerais mon âme.

J’ai fait beaucoup de liens avec le chamanisme a postériori : tout était déjà là ! Même mon animal allié, qui est représenté partout chez moi. Comme personne dans ma famille ne pratiquait ni ne connaissait le chamanisme (même si, encore a postériori, j’ai compris que c'était ma mère qui m'avait appris à regarder la nature, à voir son aspect sacré), il a fallu que je rencontre une chamane pour avoir un déclic.

Mon premier voyage au tambour a été une révélation. Une véritable évidence.

J’ai rencontré une praticienne en chamanisme, Lydia Collinet, avec laquelle j’ai fait mes premiers voyages. Puis sont venues à moi d’autres enseignantes, Bhakti, femme-médecine amérindienne, et Churla, chamane bolivienne. C’est elles qui m’ont initiée. Je continue mon apprentissage avec elles, et à la FSS (Foundation for Shamanic Studies).

Et je suis toujours en chemin, je ne finirai jamais d'apprendre ! D'ailleurs, je ne me prétends surtout pas « chamane » : je sais ce que ça demande, de travail, de choix, de reconnaissance par la communauté, etc. J'ai aussi un immense respect pour les chamanes du monde, qui perpétuent leurs traditions. Je suis simplement mon apprentissage dans cette voie du chamanisme, qui m'apporte beaucoup de joie.

Est ce une pratique qui t’a tout de suite « appelée » ou est-ce que tu as découvert cela au fil de tes recherches personnelles ? Est ce que tu t’es sentie « à l’aise » de suite avec tout cet univers ou au contraire, cela t’a t-il pris du temps pour prendre tes marques, en parler facilement autour de toi, et assumer cette facette qui peut parfois apparaître comme surprenante ?

J’ai ressenti un appel très fort.

A partir du moment où le chamanisme est arrivé sur ma route, je n’ai pas pu faire marche arrière. Et puis je n’en avais pas envie, ça me guérissait tellement ! Je trouvais des réponses à mes questionnements, je me voyais changer pour le mieux, être capable de bien plus d’amour envers moi et les autres.

L’univers du chamanisme, les rituels, les objets sacrés, le tambour. Tout était naturel. J’ai vite intégré tout ça à ma vie.

J’en ai rapidement parlé à mes proches, qui l'ont bien accepté.

Peux-tu nous raconter une expérience chamanique que tu as vécue et qui t’a particulièrement marquée, surprise, transformée, comme une révélation ou une épiphanie par exemple ?

Lors de mon tout premier soin au tambour, lorsque la chamane a battu pour moi, j’ai vécu une transe. Mon corps entier était secoué de spasmes incontrôlables. J'ai vu des images, entendu des sons... Je ne pensais pas qu'une chose pareille pourrait m’arriver un jour ! J’ai été sonnée, j’ai mis quelques jours à m’en remettre. Ça a été le déclencheur d’un profond questionnement, j’étais partagée entre l’incrédulité (moi ? je peux ressentir ça ?!) et l’envie irrépressible de continuer à explorer cette voie.

Quelques temps plus tard, j’ai fait un voyage pour rencontrer mon animal allié principal. Ça a été intense. Nous avons littéralement fusionné. Je me suis sentie devenir lui, et j'ai vu le monde avec ses yeux. C’est là que j’ai su que ça ne me lâcherait plus.

Qu’est ce que cette pratique t’apporte concrètement aujourd’hui dans ta vie « urbaine » de tous les jours ? Dans l’agitation d’une grande ville comme Paris, comment s’exprime ta connexion au monde subtil ?

La pratique du chamanisme m’a apporté une profonde confiance dans la vie. La certitude d’être accompagnée. J’ai pu lâcher la peur, la tristesse d’être seule. Car je ne suis plus jamais seule ! J’ai aussi acquis une grande sérénité. Même quand il y a du bruit ou que c’est agressif, j’ai un cocon protecteur plus solide.

Je me crée mes ilots de tranquillité. A Paris, j’ai une pièce chez moi dédiée à la pratique uniquement. Je passe le plus de temps possible seule, au calme. J’ai la chance d’habiter à côté d’un grand parc dans lequel je vais tous les jours. Et je pars très souvent dans la nature pour me ressourcer ou pour animer des retraites. Je suis arrivée à Paris pour mes études, et j’aspire maintenant à retourner vivre dans la nature. Je continuerai à venir à Paris pour mes consultations et animer des ateliers. Car j’aime beaucoup Paris, quand même ! Mais j’ai trop besoin de voir du vert au quotidien.

Est-ce que tu as des rituels en particulier, des petits objets magiques ?

J’ai mon autel, chez moi, avec mes objets sacrés. Il font partie intégrante de ma pratique, et sont de véritables alliés pour moi. Je m’y connecte tous les jours.

 

+ D'INFOS

. Marion Thelliez guidera 2 ateliers d'introduction au Chamanisme au studio le vendredi 12 octobre 2018 et le samedi 10 novembre 2018 (35€) - Réservations ici

. Séminaire sur le Chamanisme auprès de la FSS en France : chamanisme-fss.org

. Site de la FSS (Foundation for Shamanic Studies) : shamanism.org

 

Crédits photos Laura Vendescoeur